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Sophie Bois a vu le jour au mitan des années soixante-dix, en région parisienne.

 

Comédienne, elle exprime sa créativité entre son implication dans les arts de la scène et l’écriture.

 

Actuellement, l'auteur vit à Bordeaux, là où sa compagnie de théâtre prépare de nouveaux spectacles.

 

ISBN : 978-2-915368-09-3 EAN : 9782915368093

 

14 x 21 cm, 78 pages

10,50 euros (TVA 5,5%)

 

Histoires courtes

Sophie Bois a  reçu le prix de poésie Maria Borrini 2010 pour son recueil

"En Équilibre"

paru aux éditions

Le Serpolet.

Sophie BOIS

 

 

 

 

 

LÀ OÙ L'ON NE M'ATTEND PAS

 

 

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« Au matin, les portes se sont fermées. Depuis, je languis. De quoi ? De liberté dans un premier temps.

Je viens de comprendre son importance. Qu’y a-t-il de pire que l’enfermement ? J’essaie de m’évader. Dans ma tête. Juste là. Dans cette petite case construite exprès pour des moments comme ceux d’aujourd’hui. Quand tout devient insupportable. Parce que le cerveau bouillonne et que la boite crânienne ressemble à un volcan au bord de l’éruption. Alors, je clique. Sur ma case échappe. »

 

Ce qui m’importe, c’est d’être là où l’on ne m’attend pas… et de vous y rencontrer.

 

 

Onze histoires courtes sur le thème du voyage. Autant de déambulations dans un monde réel ou imaginaire qui nous rappellent que la vie est un voyage, dans le temps, dans l'espace, le nôtre, celui que Sophie Bois sait susciter par une écriture vagabonde.

 

"Là où l'on ne m'attend pas" est la seconde parution de l'auteur.

 

 

 

 

Extrait :

 

[... Si je pouvais, je partirais.

 

J’ai entendu cette phrase des milliers de fois. C’est la phrase fétiche de ceux qui espèrent. De ceux qui doutent. Qui aimeraient que tout change. D’un coup de baguette magique. Pouf ! Tu es transformé. Métamorphosé en être qui vit. ET qui ose. Parce que le vrai problème, il est là. Pas loin. Juste sous mes yeux. C’est moi. C’est mon nez. Trop grand. C’est mon front. Puissant. Qui cache un cerveau inapte à la décision.

Si je pouvais, je partirais.

Cette phrase, je l’ai si souvent entendue parce que je l’ai si souvent prononcée.

Si je pouvais, je partirais en Patagonie. Le rêve, les chevaux sauvages dans une pampa désertique.

Si je pouvais, je partirais en Australie. Les kangourous, les grands espaces.

Qu’est-ce qui m’en empêche ? J’ai toujours de bonnes excuses. L’argent. Le temps. La saison. Les vaccins. Mon passeport. Pas évident de tant s’excuser.

Mais fini. Aujourd’hui, je ne sais pas pourquoi. Peut-être une fois de trop. La phrase en trop. Aujourd’hui, c’est décidé. Je pars. Je ne réfléchis pas plus longtemps. Je ne me laisse pas envahir par ma peur. Mes peurs. L’avion. L’éloignement. Les moustiques...]

 

 

 

 

 

 

 

© ana éditions 2012

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Une sympatique interview de Sophie Bois par Frédéric Dussarrat journaliste de

La Grande Radio.fr à propos de cet ouvrage.

A écouter en cliquant ici.

Portrait

 

Sophie Bois, un peu de soi, un peu des autres...

 

Elle venait les samedis où nous posions nos chevalets sur la place de l'église Saint-Seurin. Elle semblait être seulement la compagne du peintre, heureuse d'être là pourtant. Elle avait toujours beaucoup de choses à dire, pas de bavardages futiles, autre chose. Elle ne s'ennuyait pas. On parlait de tout et de rien, de nos points communs, lecture, écriture, théâtre. Elle évoquait ses projets. L'enseignement n'était peut-être qu'un emploi provisoire, un métier d'appoint qu'elle avait plaisir à exercer. Là non plus pas trace d'ennui, plutôt la crainte d'être prisonnière d'un monde trop rigide dans lequel elle perdrait sa liberté. En apparence trop ouverte, elle restait discrète sur son monde intérieur.

 

Sophie, si tu crois en toi, tu peux déplacer les montagnes.

 

Comment vient le désir d'écrire ? Quand a-t-elle ressenti l'envie de s'exposer sur scène? Quelle a été la première expression ? Difficile à dire, au plus loin que remontent les souvenirs, Sophie dit que très jeune elle "savait" qu'elle voulait être sur scène. Timide, plutôt introvertie, il a fallu un signe, un révélateur et c'est à l'école qu'un jour a eu lieu l'événement. Elle dit "un coup de cœur". Elle devait avoir dans les six ans et se souvient d'un prénom : Maxime, le chanteur guitariste qui proposa la "mise en gestes" d'une chanson. Il avait dit "Sophie, si tu crois en toi, tu peux déplacer les montagnes" et l'enfant timide a su qu'elle était capable de le faire. C'est beaucoup plus tard qu'elle osa frapper aux portes des cours de théâtre. Le premier, chez Mario Dragunski (Compagnie 4 Cats). Puis quelques expériences dans diverses troupes. Et enfin le pas vers la liberté, la création en 2004 de la "Compagnie Drôle d'Histoire", sa compagnie. Après trois ans de travail collectif, c'est finalement pour aller plus loin dans la liberté qu'après éclatement du groupe elle a décidé de continuer seule l'aventure. Mise en scène par Mario Dragunski, elle est dans "Des fois j'me sens toute seule", comédie d'Henry Duroure, cette femme multiple et si proche de nous qui nous fait rire mais sait nous émouvoir.

 

Du je au jeu...

 

Le goût de la lecture est venu très tôt, toujours motivé par la curiosité des autres dans ce qu'ils ont de singulier. L'envie d'écrire, après les notes au jour le jour de l'adolescence, s'est concrétisée dans un style aux formules brèves, où les personnages ne sont pas dilués dans de longs descriptifs, mais au contraire saisis dans leur réalité. Faire tomber les apparences, mettre en évidence l'ambiguïté des êtres qui sous des aspects solides se révèlent fragiles... ou le contraire. C'est dans la nouvelle qu'elle se sent à l'aise. Comme pour les sketches au théâtre, des histoire brèves, des personnages entre réalité et imaginaire, décrits avec précision où le lecteur et le spectateur peuvent entrer dans le mystère de l'autre... ou de soi-même. Proposés aux éditeurs, c'est Le Serpolet , "découvreur" de nouveaux auteurs, qui a publié en 2006, A Contrario , puis un autre coup de cœur en 2008, En équilibre, sept nouvelles mettant en vie des personnages de notre temps dans leurs déchirements, leur mystère. Les mots de Sophie ont à peine le temps de sortir de ses tiroirs et... Un autre livre vient de sortir en 2009 chez Ana Éditions, Là où l'on ne m'attend pas.

Être édité, c'est, sans rêve de gloire, acquérir une légitimité, rencontrer les autres. Jouer sur scène, c'est "s'exposer" d'une manière différente, avec les mots des autres.

Sophie Bois entre ces deux expressions trouve son bonheur.

 

Article de Madeleine Lenoble dans la revue culturelle "L'Ormée" – n°87 – août 2010.   

 

(Éditions Le Serpolet : edserpolet@orange.fr)

 

Photo de l'auteur : Gilles Aubert

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