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Sophie POIRIER




MON PÈRE N’EST PAS MORT À VENISE


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Marianne découvre parmi les archives de son père un étrange carnet.
Il contient des pages entières d’avis de recherche découpés dans des journaux.
Avec ces filles perdues qu’il faut bien retrouver, cela devient aussi l’histoire de Marc, le détective engagé par Marianne.
Et puis il y a les pères, partout.
Comme des ombres inquiétantes.
Ces pères qui ont traversé 68 et qui n’ont transmis à leurs enfants, pour se défendre, qu’un certain goût pour la liberté…

Avec le carnet trouvé chez son père, Marianne se trouve en possession d'une collection morbide d'avis de recherche.
Ont disparu un jour Carine, Cécile, Sylvie, Géraldine, etc.
Perturbée par cette découverte, par cette question insidieuse : " Mon père est-il un assassin ? ", elle engage Marc, détective privé banal et divorcé, pour établir une vérité.

En interrogeant ainsi le passé, et la place du père dans nos vies, tous les deux font un chemin particulier vers l'absence, le besoin d'amour et l'héritage paternel.

Au delà du romanesque de l'intrigue, il s’agit d’une réflexion sur les liens familiaux, et surtout ceux qui nous lient au père.

L’auteur raconte comment tout à coup elle a réalisé qu’autour d’elle il n’y avait plus beaucoup de pères solides, comme une génération qui s’enfuit. Cette histoire se lira aussi comme les premières questions posées par une enfant à cette génération d'adultes qui, après s’être abandonnée aux libertés, abandonne à tout va…


Extrait :

[... Au commencement, il y a toujours nos pères.

Celui-ci aimait les vieilles choses, les brocantes, les oublis sur les poubelles, les livres de Modiano écrits avec des réminiscences, les énigmes de vies aperçues dans des agendas de 1952 trouvés par hasard, les musiques qui craquent, les tableaux sans signature un peu croûtés. Il organisait la décoration avec des bibelots et des restes de la vie des gens, achetés aux puces le dimanche.
Il aimait aussi la chair fraîche. Les jeunes filles. Il lisait Matzneff et justifiait avec l’auteur la philosophie du Carpe diem, les amours incompris entre l’homme qui mûrit et l’enfant qui grandit.
Il disait que la mort, ça n’existe pas. Il n’y croyait pas qu’on meurt à la fin. Même cloué dans le fauteuil avec le filet de bave au coin de la bouche, il n’allait pas mourir. Ceux qui avaient disparu, il disait qu’il ne les voyait plus, qu’avant il ne les voyait pas beaucoup et que maintenant plus du tout. Ça ne faisait pas une grande différence.
Elle lui avait annoncé, quand elle avait onze ou douze ans, mais peut-être quinze ou seize, que malgré toutes les femmes qu’il avait, quoi qu’il fasse, elle serait la seule de sa vie. Les autres, elles finiraient par partir. Qu’elle, forcément, elle serait toujours là.
Il est seul désormais, avec sa fille qui range les livres dans la cave...]

Sophie Poirier, née à Bordeaux en 1970, est petite, rieuse (c’est son fils qui le dit), pas toujours sûre d’elle, un auteur prometteur , une lectrice passionnée, parfois là où on ne l’attend pas, plutôt bien élevée, incapable d’arrêter de fumer, un peu espionne et très heureuse d’écrire…

Actuellement, l'auteur travaille comme formatrice et rédactrice.  
L’auteur sur Ie Net :
http://lexperiencedudesordre.
hautetfort.com/


ISBN : 978-2-915368-08-6 EAN : 9782915368086

14 x 21 cm, 100 pages
12,00 euros

Roman
© ana éditions 2010
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Après le succès de son premier roman, « La libraire a aimé », coup de cœur de nombreux libraires, très remarqué sur la blogosphère, Sophie Poirier nous invite ici à un nouveau voyage. Un trajet fait de trains et de mystères, rythmé par une écriture fine et délicate. 

Premiers échos :

 

Ce second roman de Sophie Poirier est déjà mis en avant par Isabelle et Claire-Anne, sympathiques libraires de "La Machine à Lire" à Bordeaux. Rendez-leur visite, elles vont feront part de leurs impressions de lecture.

 

 

Retours de lecture :

 

Surpris, plus intimidés à cause du sujet, les lecteurs trouvent dans ce nouveau roman un style littéraire qui s’affirme.

Le dernier chapitre perturbe un peu, les émotions ressenties sont diverses selon la propre histoire de chacun : des larmes, de l'emballement, des interrogations. En fait, un texte qui pose des questions à chaque lecteur selon sa sensibilité. Un texte universel.

*

"Je me suis régalée de ce nouveau livre de Sophie Poirier, je n'ai pas pu le lâcher. Tout d'abord l'idée excellente pour évoquer tant de personnages, très bien écrit comme pour le précédent. De l'humour pour dépeindre par exemple le détective Marc Devin, de l'ambiance ; j'ai également aimé comme elle règle ses comptes avec les pères, ce qui n'est pas habituel. Son livre est original comme le précédent mais celui-ci est encore plus fouillé et réussi psychologiquement. Je l'ai lu un peu vite tant l'intrigue nous tient. Je vais le relire pour mieux le redécouvrir."

R.B. Écrivain

 

 

 

Léon Mazzella – Écrivain, journaliste, critique littéraire, en parle sur son blog.

http://leonmazzella.hautetfort.com/archive/2009/10/05/a-bord-du-pere-fantome.html  

 

À bord du père fantôme.

Le second roman de Sophie Poirier règle les comptes avec ces pères, jeunes "adultes en chantier" en 68, devenus matznéviens, comme on a pu être hussard ou mao. De ces pères libertins et désinvoltes, amateurs de chair fraîche, cyniques et finalement pathétiques, que le destin –appelé justice par les médisants au regard torve-, rattrape un jour ou l’autre. Ils ont négligé les enfants qu’ils ont faits avant de mûrir, et à côté desquels ils sont passés, préférant courir, égoïstes au cœur d’artichaut sec, après des chimères pour pub Lolita de Lempicka. C’est la fille de l’un d’eux qui parle. Sans concessions. Avec la douleur en elle et au bout du stylo, comme des hameçons plantés au cœur et à la lèvre. Sophie Poirier nous avait déjà donné La libraire a aimé (lire ici à la date du 30 novembre 2008 : En lisant, en bloguant). Là, elle se lâche avec un bref roman admirablement construit, aux accents que je persiste à trouver durassiens, enrichi d’une écriture plus serrée encore, plus sûre, plus dense et sachant rebondir d’une idée l’autre ; à la manière d’un chat. Sujet : le père, encore jeune, n’en finit pas de mourir, sur sa chaise roulante. Sa fille Marianne va avoir quarante ans. En visite chez lui, elle « tombe » sur un carnet contenant une liasse de coupures de presse faisant état d’étranges disparitions de jeunes femmes. Le doute l’étreint. Elle engage un détective pour savoir, davantage que pour faire la lumière, sur une possible et innommable horreur. Stop…

Comment se construire à l’ombre d’une telle image du père, de l’homme, lorsqu’on est une fille qui porte le prénom du premier amour de papa, et que l’on est devenue femme, puis mère ? Sophie Poirier a le tact de ne pas tirer sur l’ambulance. C’est un cri d’amour qu’elle pousse, mais avec une infinie pudeur, le cri d’une qui veut comprendre. C’est un long cri poignant. Car elle en est là : « Avec la peur des hommes. Un manque de confiance impossible à combattre. » Alors Marianne fout le camp à Venise. Pas pour provoquer en duel, et Byron et Casanova. Pour ne plus voir dans la glace, au creux de son visage, « ces minuscules stries, la vie d’avant (...) les rêves, les promesses, les illusions. » Elle y fera le point. Sur elle –pour s’en sortir. Et sur ces pères inachevés. Au lieu d’attendre fébrilement un seul mot d’amour, le mot gentil, la fierté qui viendra, ou pas, de la part du père, ce modèle, elle accuse une génération perdue, victime d’une certaine insouciance de vivre. « Autrefois les hommes, et la solidité des métiers, organisaient la vie de tous. Puis ils sont devenus les premiers chômeurs, les premiers divorcés, et maintenant les premiers à mourir, nos pères se désagrégeaient, incapables de montrer la route. » Il est terrible, ce roman. Et Sophie Poirier, terriblement juste.

L’excellent blog de l’auteur de cette critique : http://leonmazzella.hautetfort.com/

Les lectures de Lili : le blog de Liliba.  

...Et puis ce fameux deuxième livre, l'auteur qu'on attend au tournant... Je ne voulais pas être celle qui allait dire qu'elle était déçue... Dilemme... Le temps a donc passé... Et puis, honteuse, j'ai enfin ouvert "Mon père n'est pas mort à Venise"...

Et j'ai aimé ! (ouf !). Merci, donc chère Sophie pour ta confiance et surtout merci pour cette jolie histoire. J'ai beaucoup aimé suivre cette femme qui fouille dans le passé de son père, qui cherche à comprendre, à canaliser l'angoisse, à répondre aux questions non formulées. J'ai également retrouvé avec grand plaisir ton écriture fine et sensible, mais plus maîtrisée, plus construite que dans ton premier ouvrage. On sent que tu as mûri, grandi et je pourrais même dire que par ce livre, on comprend tout de suite qu'on a à faire à un vrai écrivain, et non pas à une jeune femme qui aurait juste eu le coup de bol d'être choisie pour un premier ouvrage, et qu'un seul. J'ai trouvé dans cet ouvrage un humour qui répond tout à fait à ce que j'aime, j'ai souvent souri ; j'ai aimé cette femme et les mouvements et bruits des trains, j'ai adoré le détective, et la fin est si belle...

Bref, un très beau moment de lecture ! Merci encore Sophie !

Un blog littéraire que l'on aime pour son objectivité : http://liliba.canalblog.com/

 

  

 

Les livres de L'Arrajou :

 

Marianne , la quarantaine , s'occupe de ranger les livres de son père , maintenant diminué et en fauteuil roulant. Quand elle trouve un carnet contenant les avis de recherches d'adolescentes disparues , elle décide d'engager un détective privé pour savoir si son père , jouisseur et amateur de jeunettes en son temps , y est oui ou non mêlé ...

Cet argument est surtout le point de départ au voyage de réflexion qu'entreprend Marianne sur ses relations avec son père et Sophie Poirier sur cette génération de pères issue de mai 68 et ce qu' ils ont pu transmettre à leur filles. Et en fait de départ et de voyage, Marianne s' y connaît très bien , elle ne fait même que ça puisqu' elle est contrôleuse qualité à la SNCF et passe sa vie dans les trains ... pour fuir quoi ? Elle-même ? Ses doutes et ses incertitudes ? La peur de s' engager , le manque de repères, de confiance en soi et de stabilité légués par ce père absent et égoïste , plus préoccupé par son propre plaisir et ses nombreuses conquêtes que par l' éducation de sa fille. Son seul mot d' ordre , édicté avec cynisme : la liberté , aucune compromission et débrouille -toi avec ça ! Pères largués , filles perdues... Marianne l'est tout autant que celles du carnet et le détective plus encore que ces pseudo-révolutionnaires vieillissants , même si c' est pour d'autres raisons ! Émouvant d' ailleurs ce Marc dans sa quête de ces jeunes filles filles qui le mène à celle de lui-même. Et c' est ce qui me frappe surtout dans ce second roman de Sophie Poirier : la profondeur et l' épaisseur qu' y ont gagné ses personnages ! L' histoire de La libraire a aimé , son premier, avait plus de chances de me plaire au départ et si j' avais effectivement apprécié
( mon billet ) quelques invraisemblances ou flottements m' avaient un peu frustrée. Là , c' est beaucoup plus intense , ramassé et fouillé , mieux construit à mon sens ! Prometteur pour le suivant donc ...

Cette phrase là m'a parlé , me semble en donner une bonne idée, je l' ai relevée : " Il fallait taire le moment où ils avaient dit à leurs enfants : "deviens qui tu veux". Soit ils ne supportaient pas de les voir pousser, sauvages , et alors ils avaient tenté de les ranger dans des cases. Soit ils les avaient encouragés à être , sauvages , et alors ils ne supportaient pas de s 'être eux-même rangés dans les cases. Il y avait de la punition dans l' air. Avec les punis, des coupables."

http://livresarrajou.blogspot.com/2009/12/mon-pere-n-est-pas-mort-venise-sophie.html


 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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A  propos de ce roman, une intéressante interview de Sophie Poirier par Frédéric Dussarrat journaliste de La Grande Radio.fr. A écouter en cliquant ici.

Quoi de 9 Cécile sur son blog :

 

Oui, je confirme, j’aime l’écriture de Sophie, j’aime son phrasé particulier dans lequel je maintiens avoir reconnu un je-ne-sais-quoi d’Angot mais là où Angot utilise sa prose à des fins névrotico-nombrilistes caricaturo-pathologico-exaspérantes au point d’en gommer jusqu’aux aspects les plus positifs, Sophie plonge finement dans son sujet et dépeint ses personnages avec empathie.

Ce deuxième roman est une vraie réussite. J’attends impatiemment la parution du prochain.

 

La totalité du billet à lire ici à la date du 2 décembre 2009.