

Les lecteurs parlent de "La libraire a aimé" :
"Aussitôt, l'objet-
Alors j'ai lu la 4e de couverture -
Et ce format, ce petit ouvrage, pourquoi ?
Le livre montre le questionnement de l'auteur qui suscitera le questionnement du lecteur.
Cette impression d'attendre ensemble, elle et moi, c'est ce qu'elle appelle "l'embarquement".
Dans une langue qui parle.
Ici l'absence se raconte comme un recentrage sur soi qui engendre un parcours à faire, un parcours obligé.
Et bien sûr, le personnage qui bouge, se cogne à des vies, comme au théâtre :
Acte I : le photographe, Acte II : l'oncle, Acte III : New York, Acte IV : Sud.
Dans chaque acte, l'amorce d'un autre livre dans le livre... les pistes. Sûr qu'il y aura d'autres écritures, une trame est mise, de fils si fort tendus, si savoureux. On les attend.
Sophie Poirier dit la magie de l'écrivain :
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Mais dans "la libraire a aimé" il y a énormément !
Quelle générosité d'offrir tant au lecteur, celui qui ne lit pas trop, qui a un peu peur des livres, qui ne côtoie pas la littérature... les autres se régalent aussi."
Remarqué par l'écrivain Serge Joncour, il écrit au sujet de "La libraire a aimé" :
Sophie, je ne vous ai parlé que trois minutes, en dire plus vous aurait gêné, mais la grâce, dans l'écriture, on l'a ou l'a pas, de mon point de vue de lecteur, je sais cela, et je sais donc que la grâce vous l'avez. C'est magnifiquement rassurant, de trouver une écriture comme la vôtre, au hasard, d'un livre, d'un éditeur que je ne connaissais pas.
Fabrice Bonardi, organisateur du Prix Montalembert, en parle ainsi :
" ... je déguste le livre comme on boirait un thé subtil et raffiné, par petites gorgées doucement savourées. J'adore :"Je vous imaginais plus jeune, mais moins jolie. Vous n'avez pas la voix qu'il vous faut. Il y a des gens comme ça..."
Voilà, et alors à cause du livre, j'ai raté ma station de métro ce matin...
Grâce au livre donc, j'ai raté ma station de métro, et comme ça, au lieu d'arriver tard, j'ai pu arriver encore (un peu) plus tard...
Et alors, chemin faisant sous ce ciel tout gris, je pensais qu'à un moment de la
journée, je le dirais
Oui, décidément, j'adore ce livre."
Léon Mazzella, journaliste :
« le ton, la subtilité des dialogues, une sécheresse durassienne, la sincérité qui se dégage de chacun des courts chapitres de ce petit livre, le rendent attachant comme une ficelle tressée au poignet… Prometteur."
Merci à l'excellent blog littéraire pagesapages de s'en faire écho :
« Je ne sais pas quand ils ont commencé.
Je les vois tous les jours depuis plus d’un an assis dans le même café, à la même heure. Ils ne commandent pas, la serveuse vient et pose les deux verres sur des petites serviettes blanches en papier, une assiette avec des olives, ensuite elle porte la bouteille de whisky jusqu’à la table pour les servir. »
La narratrice de la Libraire a aimé doit être assise quelque part elle aussi, dans ce café. Elle regarde ce couple, rêve, puis les nomme : Paul et Corinne. Elle les écoute : « Ils parlent de livres. Ils se racontent ce qu’ils ont lu ».
Savoir la suite, c’est tirer sur un fil, un fil qui s’allonge au gré des rencontres et des événements. La narratrice va s’effacer pour se pencher sur les traces de cette Corinne, celle qui met tout en œuvre pour rejoindre Paul, en suivant les petits cailloux qu’il sème. C’est grâce à eux qu’elle avance, ou malgré eux, car certains sont funestes – comme, par exemple, le visage de Paul immobilisé sur une photographie et exposé par un artiste qui ne portraite que les cadavres.
Le point de départ est ce couple, assis à une terrasse. Il faudrait que le point
d’arrivée soit le même… ? C’est toute l’incertitude qui va planer sur le dénouement
de la Libraire a aimé. Et nous marchons à la queue-
Ce chemin n’est pas onirique, ce n’est pas celui du chat du Cheshire. Quoique… parfois nos pas vont s’approcher de Paul Auster, d’un nain fidèle ou d’une vieille anglaise excentrique. Mais nous marchons aussi dans une réalité proche.
« Bien sûr il y a l’absence.
Une absence qui raconte l’histoire du monde, et la perte. Elle est émue, pourtant elle ne veut pas se recueillir. Sur le toit du building, son amie Claire lui dit en montrant du doigt : « Les tours étaient par là… » Elle a un air triste en le disant comme si elle parlait d’un amour perdu. »
Dans la Libraire a aimé se trouvent des enjeux de rencontres, de pertes, d’oublis, de retrouvailles. Celui aussi de l’écriture :
« Ne se sentait-
La narratrice a rêvé longuement de ce couple, assis dans un café. Elle les a saisis avec sensibilité, comme on encadre une photo qu’on aime. C’est une de ces photos mystérieuses qui reflètent un reflet dans lequel se répète un trajet à l’infini : un couple de libraires qui parlent de livres et se retrouvent dans des pages…
C’est un premier roman : il faudra garder l’œil sur les suivants !
© ana éditions 2012
L'excellent site littéraire animé par Jean Morzadec : "LE CHOIX DES LIBRAIRES" nous propose une page consacrée à ce roman, à lire ICI.
Un joli billet sur le blog de Sophielit :
Voilà un titre curieux pour un roman. Il sied à ce texte lui-
C’est l’histoire de deux libraires, un homme et une femme, qui se retrouvent chaque soir autour d’une table, dans un café, devant un whisky, pour évoquer ce qu’ils ont lu, ce qui leur a plu. Ce sont les seules choses dont ils parlent. Lui, c’est Paul, elle, Corinne. La narratrice passe chaque jour devant le café, et les vois attablés.
Et puis un jour, Paul disparaît, sans prévenir.
Corinne n’a que peu d’élément mais, de fil en aiguille, et notamment grâce à une exposition de portraits (la plus belle surprise du texte de mon point de vue), elle va remonter sa trace.
Les recherches de la persévérante Corinne sont parsemées de rencontres improbables : un oncle qui se veut russe, son nain majordome, Paul Auster, une vieille dame qui collectionne et expose les objets cassés lors des disputes avec son défunt mari… Mais toutes ces rencontres sont tellement ancrées dans le réel que rien ne nous semble impossible.
« La libraire a aimé » nous porte du début à la fin.
On a parfois l’impression que ce texte, doux et délicat, est une lettre que nous adresse l’auteur. Il se termine d’ailleurs par une lettre. Et on la voudrait vraie, cette lettre, on le voudrait tellement, que la librairie Bodiat existe et que Corinne aussi. Alors on a envie de penser que l’enseigne Bodiat est en fait Mollat, première librairie indépendante française, implantée à Bordeaux, où vit l’auteur. On veut croire que tout cela, ou presque, est arrivé.